Tu étais où il y a 10 ans? Le Web à Québec, lui, en était à ses premiers balbutiements. Maintenant considéré comme le plus grand événement numérique francophone d’Amérique du Nord, le WAQ n’a plus besoin de présentation. Savais-tu que Carl Frédéric De Celles, le président du Conseil d’administration de Québec numérique, est aussi l’un des cofondateurs du Web à Québec? On avait quelques questions à lui poser afin de mieux comprendre la naissance de notre événement chouchou. Voici ce qu’il avait à nous dire!

1.Nom, prénom et portrait professionnel :

De Celles, Carl Frédéric, administrateur (et parfois président) de plein de belles choses dont iXmédia, Septembre Éditeur et Kabane, mais aussi du Théâtre du Trident, du MT Lab et  de la BTLF. Cofondateur du WAQ, et donc de Québec numérique.

Carl Frédéric De Celles

2.À quel besoin répondait la création d’un événement par et pour le numérique?

Je pense que le WAQ est une réponse des gens de terrain. À l’époque, peu de gens osaient se parler de ce qui les rassemblaient. Plein d’organisations, bienveillantes, mais pas toujours passionnées, tentaient de mettre sur pied des événements pour l’industrie, mais il a fallu une bière (peut-être deux), un crayon et deux-trois napkins pour se dire qu’on était sûrement capables de faire par nous-mêmes un événement qui nous plairait. Le «par et pour» la communauté est né là, tout comme l’idée d’en faire d’abord un événement pour les gens plus que pour les organisations. Le reste, et l’ampleur que ça a 10 ans plus tard, tient probablement de notre naïveté (jamais on n’aurait imaginé ce que c’est devenu!) et de notre goût de nous revoir chaque année autour des sujets qui nous passionnent.

3.Au début du WAQ, quel a été la plus grosse épreuve à surmonter?

Notre naïveté? De penser que ce n’était pas si complexe que ça d’organiser un événement? On loue des salles dans un hôtel, on ouvre une billetterie, ça devrait fonctionner. On a misé sur les passions de chacun pour le numérique et visiblement le reste a suivi. Ça nous a pris quelques années pour apprendre tout ce qu’il y a derrière l’organisation d’événements, mais par chance, il y a beaucoup de monde (des gens impliqués, je n’aime pas le terme «bénévoles» dans ce cas) qui a partagé ce défi d’apprendre! Ils sont nombreux à être encore là aujourd’hui!

4.Qu’est-ce que le WAQ t’a amené dans ta vie professionnelle?

Tellement de belles rencontres, tellement d’idées nouvelles. Dans un contexte professionnel, c’est pas toujours facile de partager ses passions. Il y a toujours un contexte d’affaires qui limite ce partage. Ce que j’aime du WAQ, c’est qu’on y trouve des contenus qui répondent aux passions de tous, un beau terrain neutre pour échanger et pour vraiment, au final, mettre en valeur la qualité, la passion et l’expertise des gens de Québec et du Québec.

5.Quelle a été ton édition préférée dans les 10 dernières années, et pourquoi?

La troisième, celle où quatre jeunes Français sont arrivés alors qu’on ne les attendait pas. «On a vu qu’il y avait un événement WAQ à Québec (sic!), on voulait venir, on a eu l’aide de l’OFQJ, on arrive.» On n’avait pas imaginé qu’on était un événement international (outre un ou deux conférenciers invités), je crois que ça a tout changé. Soudainement, l’accueil est devenu une priorité (ce qui implique aussi la fête!). On n’était plus entre nous, on avait d’autres passionnés d’ailleurs pour échanger, apprendre et rayonner. Ça nous a conduits à Bordeaux, ça nous a allumé sur le fait que le WAQ, c’était probablement plus qu’un événement, que c’était un moteur pour tout un «écosystème», ça a donné Québec numérique, la Semaine numériQC, 42 Québec et de nombreuses autres initiatives!

6.Quelle est la conférence qui t’a le plus appris?

Vous allez me trouver étrange, mais pour moi le WAQ, c’est les corridors. On apprend tout dans les corridors, on a des résumés de toutes les conférences (même celles qu’on a manquées) et on rencontre des gens formidables. Chaque année, j’ai hâte aux corridors.

7.Quelle chanson vas-tu chanter au karaoké cette année?

Je ne chante pas. Je te jure.

8.Quel est ton plus bel accomplissement en lien avec le WAQ ou QN?

Avoir réussi à préserver les «valeurs» initiales de l’organisation. Tout le monde parle de mission et de valeurs, et ça semble parfois un peu convenu ou fake, mais dans le cas du  WAQ et de Québec numérique, je crois qu’on les décline bien et qu’on les conserve dans le temps :

  1. par et pour les gens (on n’est pas un lobby, on n’est pas une association, on fait juste s’assurer de mettre en place des projets qui servent les gens passionnés),
  2. pas de plogues, pas de discours de ventes (on aime les contenus, les expériences, les humains, les usages, les histoires, on n’a aucun intérêt pour les pitchs de vente, les discours corporatifs creux, les pseudoexperts autoproclamés, etc.),
  3. l’accueil (accueillir, c’est se forcer pour être propres, festifs, divertissants et créer des liens; l’international nous a apporté ça, c’est précieux!) et,
  4. rien n’est éternel. Faut savoir se réinventer et ne surtout pas faire les choses pour faire les choses. Se réinventer en respectant nos valeurs, donc pas nécessairement en jetant tout à la poubelle! Au final, ce sont des valeurs très fortes du numérique, l’humain, les contenus, le réseau et la transformation!

9.Que suggérerais-tu à quelqu’un qui veut s’impliquer dans la communauté numérique de la ville de Québec?

J’ai toujours cru que les «transformations numériques» passent par les humains, bien avant la technologie. Les racines de mes passions numériques sont l’implication (je suis assez vieux pour avoir été sysop d’un BBS (Synapse) d’un grand club informatique (le Club Macintosh de Québec). S’impliquer pour moi, c’est d’abord être là, échanger et, parfois, quand on se sent à l’aise, suivre mon dicton préféré :«lead, follow or get out of the way», qui se décline comme «j’ai un projet, ça vous tente?», «c’est un projet cool, je peux embarquer?», sans oublier le «je ne peux pas aider là-dessus, mais je vais continuer de jaser avec vous!». Ça m’a toujours très bien servi! 🙂

10.Que souhaites-tu au WAQ pour les prochaines années?

Qu’on l’aime toujours autant, qu’on soit assez fou pour le réinventer, sans renier ses valeurs. Qu’on ne tombe jamais dans le faire pour le faire. Qu’on continue d’apprendre ensemble, en respectant l’idée initiale de «par et pour les gens qui font le numérique».