Au cours des dernières années, on a vu beaucoup de gens parler de la mort du web (celui qu’on aime, avec de l’hypertexte, des url et du html), que ce soit à l’époque des sites en Flash, de l’arrivée de Facebook, des applications mobiles, des tablettes, plusieurs de ces « révolutions » ont été interprétées comme des innovations allant tuer le web.

 

Le web (vous remarquerez que je l’écris avec une minuscule) est un concept largement défini comme un ensemble de pages hyperliées grâce à un marquage standardisé nommé html et une diffusion basée sur un protocole (http). Outre certains éléments de mise en page, cette éternelle balance entre le frontend et le backend, et l’évolution des bases de données qui le supporte, le web n’a pas tant changé depuis 1992. C’est cette essence qui en a fait aujourd’hui un classique : une information accessible par le plus grand nombre, standardisée, hyperliée, hébergée et créée de façon décentralisée.

 

Certes les approches et les outils ont beaucoup changé. Le Flash nous a menés, à une certaine époque, vers plus de multimédias malgré la dépendance à un format propriétaire (on garde aujourd’hui l’idée du multimédia, avec un HTML qui s’est adapté.). Les plateformes (WordPress, Drupal, Magento) ont simplifié l’accès à la création et à la mise en place de solutions (souvent aux dépens de la performance ou de la sécurité). Facebook a assurément su miser sur la socialisation pour démocratiser l’accès à tous (dont votre mère !) dans un environnement très cadré, dont les contenus sont tout de même très prisonniers à terme (difficulté d’hyperlier, difficulté de recherche, etc.).

 

Certains ont affirmé que les applications mobiles allaient tuer le web. Après quelques années, on se rend compte que le modèle applicatif permet la commercialisation (via les app stores) et l’utilisation plus poussée de fonctions non standardisées du matériel. Mais la diversité du matériel, le rapport efficacité/prix dans le développement des applications, et la dépendance aux données décentralisées, font qu’une majorité des applications sont aujourd’hui des sites web déguisés ou des vitrines spécialisées pour du contenu web.

 

Bien que souvent annoncée, la mort du web, comme la mort du cinéma, du théâtre, de la radio, de la télévision, n’aura pas lieu. Les façons de faire le web évolueront assurément encore, mais il faut se réjouir que les valeurs associées au web (partage, accessibilité, standardisation, hyperliaisons, décentralisation) aient atteint, en 20 ans, le statut de classique.

 

Ce sont ces valeurs que le WAQ célèbre, et c’est dans cette optique qu’iXmédia est fier d’y être impliqué. Fier aussi d’avoir été fidèle à ces valeurs depuis sa fondation, et heureuse de réunir l’expertise nécessaire à son déploiement quotidien au sein des organisations.

 

Par Carl-Frédéric De Celles, président, iXmédia.